C’était le 8 février, journée de la traditionnelle course du carnaval de Québec, celle qu’on attend tous. Depuis nos dernières années, on a gagné déjà chacune des courses du circuit, sauf celle du carnaval… C’est tout dire quand à notre volonté de la gagner. Ça fait trois ans que l’on arrive 2ème. OK, on se bat à deux bateaux, Château-Laurier contre Château-Frontenac A, mais on serait bon pour inverser les rangs d’arrivée maintenant.
Cette année, la météo s’annonce belle. La semaine a été normalement froide, légère neige par moments. On ne voulait surtout pas que la chaleur fasse disparaitre la glace juste avant la course. Pour dimanche on annonce pas mal chaud. Assez chaud pour avoir des risques de pluie. Pour nous ça ne change plus rien, tant que la glace tient jusqu’à la course. Finalement, dimanche matin, les précipitations n’ont pas l’air d’être au rendez-vous, mais il y a un vent pas mal soutenu qui pousse la glace vers Lévis. Il va sûrement y avoir de l’eau à Québec pour le premier tour, donc départ à la rame avec un peloton qui reste compact. Ça va brasser…
Pour la course, petit changement à l’alignement : C’est Jeremy Olson qui va être notre barreur. Ça n’a rien à faire avec notre confiance ou non envers Dominic Chaput (notre nouveau barreur) mais Jeremy était disponible et on a voulu faire une dernière course avec lui. En même temps ça lui donnait une chance de compléter son tableau des victoires avant de se retirer.
13h30, la ligne de départ… Avec les résultats des préliminaires de vendredi soir on part 4ème, ce qui n’est pas mauvais parce qu’avec les années on sait bien qu’une fois sorti du Bassin Louise, les plus forts reprennent toujours la tête. Comme prévu, on longe le quai de Québec à la rame, en peloton avec les quatre bateaux de tête : Château-Laurier, Château-Frontenac A et B et Volvo. C’est très compact et ça joue serré jusqu’au traversier de Québec. Ensuite, l’éventail s’ouvre pour traverser vers Lévis. Premier passage à Lévis, on est 2ème et les bateaux sont encore proches. On prend encore tous des lignes un peu différentes pour le retour à Québec, mais en se gardant toujours bien à vue. On reste un peu plus en amont par rapport à Château-Frontenac A et ça paie. Au début du deuxième tour, on a pris la tête de course. L’avance se creuse même un peu entre le Bassin Louise et le traversier de Québec, mais rien n’est encore gagné. Ça s’est d’ailleurs resserré un peu à notre deuxième passage à Lévis, où on est toujours en tête. Plus qu’un retour vers Québec et c’est terminé. On choisit encore de prendre un peu plus en amont, comme au premier tour. Château-Frontenac A doit essayer quelque chose et reprend environ la même ligne qu’au premier tour eux aussi. Cette fois, ils trouvent des bonnes plaques rapides alors que de notre bord on a l’impression de ne plus rien trouver. Tout près de Québec, à la sortie de la glace, ils sont passés de proche en arrière à proche en avant. C’est dur sur le moral, mais c’est pas fini encore. On rame aussi fort qu’on peut pour rentrer au Bassin Louise, et croyez moi ça fait mal… Jeremy nous crie tout le temps « C’est encore possible, c’est encore possible! ». À l’arrivée, ils ont encore une petite avance et on est mêlé à un paquet de bateaux de la classe sport. Le sort est jeté : une quatrième 2ème place de suite. C’est pas mauvais et c’était une belle bataille, mais c’est frustrant quand-même. On sentait que c’était notre course. Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre maintenant que de serrer la main de Château-Frontenac, d’aller prendre une bière en équipe et de se préparer pour la prochaine course… Ce n’est que partie remise.



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